La Calédonie s’arme contre la menace sanitaire

Préparer la population, les soignants et les institutions locales à l’apparition éventuelle de nouveaux cas de Covid-19 en Nouvelle-Calédonie, tel est l’objectif de la délégation "Action santé en communauté". Menée par les membres du gouvernement Valentine Eurisouké, Jean-Pierre Djaïwé et Didier Poidyaliwane, elle réunit notamment la direction des Affaires sanitaires et sociales et l’équipe Do Kamo.

Si la Nouvelle-Calédonie est jusqu’à ce jour indemne de cas autochtone de Covid-19, l’arrivée du virus sur le territoire reste une éventualité que l’on ne peut écarter. Partant de ce constat, le gouvernement a décidé de déployer un programme d’actions Covid-19 piloté par le groupe Action santé en communauté. Il s’appuie, d’une part, sur une campagne de prévention de terrain, menée au plus près du public et des acteurs institutionnels et de santé, et d’autre part, sur une préparation du pays au plan technique et sanitaire. « La finalité de cette démarche, indique le médecin de la DASS Sylvie Laumond, est de limiter les effets d’une éventuelle crise en préparant la population et tous les acteurs impliqués, à la lueur de l’expérience acquise. »

 

Réseau communautaire et bassins de vie 

 

Sans traitement ni vaccin disponible, la lutte contre le Covid-19 repose essentiellement sur la responsabilité individuelle et l'action collective, et sur l’adhésion de chacun aux mesures d’hygiène et au respect des gestes barrière.

Au Congrès, au Sénat coutumier, dans les hémicycles des provinces Nord, Sud et des Îles Loyauté la semaine dernière, Action santé en communauté sillonne la Calédonie pour répéter ces messages clés dans chaque bassin de vie, en s’appuyant sur des relais communautaires, sociaux, professionnels, institutionnels, etc. Objectif : que ces gestes soient acquis et complètement intégrés afin de limiter la transmission sur les lieux de vie.

« Nous nous devons de co-construire notre forteresse afin de pouvoir répondre efficacement en cas de découverte d'un cluster », insiste, à chacune de ses rencontres, la membre du gouvernement en charge du plan Do Kamo, Valentine Eurisouké.

 

S’organiser et se tenir prêt

 

Cette présence de terrain offre aussi l’occasion à l’équipe de poser les bases d’une organisation fonctionnelle et de mettre l’accent sur l’acquisition ou le renforcement des compétences. Pour cela, les acteurs locaux sont préparés au signalement des cas suspects, à l’encadrement des foyers épidémiques et à la protection des individus vulnérables. Des personnes relais, susceptibles de faire le lien avec les services sanitaires et les communautés si l’épidémie s’installait, sont identifiées, ainsi que des lieux d’isolement des patients et des cas contacts.

Après les principales institutions du pays, c’est auprès des deux associations de maires que les porteurs de l'Action santé en communauté se rendront prochainement.

 

Protection, investigation et surveillance

Le programme d’actions Covid-19 prévoit aussi une série de prérequis indispensables pour préparer la Calédonie face à la menace sanitaire, notamment en cas de réouverture des frontières. Il s’agit notamment de la composition de stocks stratégiques de matériel de protection (masques, notamment), de l’organisation d’une offre de prélèvement sur l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie avec l’appui des centres médicosociaux (CMS) des provinces, et du renforcement des capacités de dépistage du centre hospitalier du Nord.

Une formation dispensée par la DASS auprès des personnels de santé des CMS provinciaux va prochainement débuter afin de développer leurs compétences en matière d'investigation.

Une version modernisée de l’outil de surveillance informatique utilisé par les médecins du réseau sentinelle – lequel sera élargi à davantage de soignants – est également en cours de déploiement.

 

Le groupe Action santé en communauté est intervenu dans l’hémicycle de la province Nord jeudi 18 juin.